Energie/Climat


 

QUELS ENJEUX?

Pendant des millénaires l’humanité à vécu dans un monde qu’elle pouvait considérer comme infini.

Le XXe siècle a vu la fin de cette ère ; le XXIe siècle sera le premier siècle en monde fini.

Quelle différence pour nous ? Elle est fondamentale.

Jusqu’alors, nous pouvions appliquer une règle simple, dictée par notre cher Descartes : pour résoudre un problème, scindez-le en problèmes plus petits et plus faciles à résoudre séparément.

En monde fini, cette règle n’est plus valable : les actions entreprises pour résoudre un sous-problème ont un impact sur les autres sous-problèmes !

Le monde fini est un système complexe ! En monde fini, on ne peut plus à la fois accroitre notre utilisation d’énergies fossiles et préserver le climat auquel nous sommes habitués. En monde fini, on ne peut plus à la fois accroitre notre utilisation des ressources naturelles et laisser la possibilité aux générations futures de les utiliser. En monde fini, on ne peut plus à la fois accroitre notre quantité de déchets et conserver la qualité de notre environnement.

Bref, en monde fini, on dépasse la capacité de notre environnement (l’ensemble des ressources que l’on utilise pour bien vivre : air pur, eau potable, ressources minérales, environnement sonore, etc.) à absorber nos pollutions (pollution de l’eau, extractions de minerai, exploitation des forêts, pollution sonore, etc.) .

En monde fini, nous sommes obligés de nous rendre compte que nous vivons dans un environnement dont nous avons besoin pour vivre, car cet environnement commence à être dégradé par nos activités et notre qualité de vie commence à en pâtir, alors que dans les temps passés, cet environnement pouvait absorber nos activités et en réparer les impacts (comme il recycle tout déchet généré par l’écosystème) sans que nous nous préoccupions et ayions conscience de lui.

 

C’est dans ce contexte qu’émergent, parmi d’autres, les problématiques énergie et climat qui sont le coeur d’activité d’Avenir Climatique :

que faire face à l’épuisement de ressources énergétiques fondamentales pour notre fonctionnement actuel ?

que faire face au changement d’un climat auxquels nous avons adapté tous nos modes de vies et nos infrastructures ?

Ces deux problèmes sont liés, car l’utilisation de l’énergie fossile est actuellement la source principale d’émissions des gaz à effet de serres qui font changer le climat.

 

Le climat

 

Le climat est la valeur moyenne des variables de la météo (température, pluviométrie, couverture nuageuse, etc.) à une échelle au minimum régionale et sur une période de temps au minimum de 10 ans. La météo est la valeur de ces mêmes variables à un endroit donné et à un instant donné.

Le climat a toujours changé. Dans les millions d’années passés, il a parfois fait beaucoup plus chaud qu’aujourd’hui (climat tropical en France au temps des dinosaures) ou beaucoup plus froid.

Depuis 500 000 ans, ces variations sont relativement cycliques avec une alternance d’ères glaciaires qui durent 100 000 ans et où il fait 5°C de moins qu’aujourd’hui et d’ères interglaciaires de 10 000 ans où nous sommes aujourd’hui.

Actuellement, on observe un changement du climat en cours qui est dû aux émissions de gaz à effet de serre de l’humanité. Ces gaz amplifient l’effet de serre que l’on peut comparer au couvercle de la casserole qu’on fait chauffer : il permet de retenir une plus grande quantité de chaleur sur Terre

Ne nous y trompons pas, il y a naturellement un effet de serre sur Terre et il est bénéfique à la vie : sans lui, la température moyenne du globe serait de -18°C contre 15°C aujourd’hui. C’est essentiellement la vapeur d’eau et le CO2 naturellement présent dans l’atmosphère qui constituent cet effet de serre “naturel”.

 

L’homme amplifie cet effet de serre par des rajouts de gaz à effet de serre :

– de dioxyde de carbone (CO2) principalement, à cause de la combustion des énergies fossiles et de la déforestiation (destockage de carbone) ;

– de méthane (CH4) ensuite, avec des processus de fermentation dans l’estomac des ruminants, dans les rizières et dans le stockage des lisiers animaux ; également avec des fuites de gaz naturel (qui est du méthane) lors de son exploitation ou de son transport ;

– de protoxyde d’azote (N2O), avec l’utilisation d’engrais azotés qui sont dégradés par des bactéries émettrices ;

– de divers autres gaz de manière plus marginale, comme les CFC.

Même si :

– émettre un kg de CH4 provoque autant de dégât pour le climat que 25 kg de CO2

– émettre un kg de N2O provoque autant de dégât pour le climat que 300 kg de CO2

Les quantité émises de CO2 font qu’il reste la principale cause du changement climatique.

Ces émissions ont déjà pour conséquence une élévation des température moyenne du globe de 1°C en 100 ans. On attend, selon le niveau d’émissions futur, une augmentation de ces températures de 2 à 6°C sur le XXIe siècle.

En quoi cela est-il dangereux ?

– Tout d’abord, même s’il a fait plus chaud dans le passé de 6°C sur Terre sans conséquences sur les espèces vivantes, ce n’est pas temps ces 6°C qui comptent que la vitesse à laquelle ils arrivent : le changement climatique qui commence aujourd’hui est 100 fois plus rapide que les changements passés et on peut se demander si les écosystèmes s’y adapteront (notamment les arbres qui ne se déplaceront pas suffisamment vite pour rester dans leurs domaines de température préféré).

– On devrait observer des évènements climatiques extrêmes plus violents face auxquels nous ne sommes pas préparés et dans des endroits où on ne les attends pas (notamment, la monté du niveau des océans, même si elle ne devrait pas dépasser un mètre durant le siècle, se manifestera par des zones innondées beaucoup plus étendues)

– Des zones sèches où l’agriculture était difficile vont être encore plus sèches (autour des tropiques) ; en parallèle certaines zones froides devraient voir leurs rendements s’accroître.

– Indépendamment du climat, l’augmentation du taux atmosphérique de CO2, entraîne une absorption accrue de ce CO2 par les océans qui s’acidifient avec un impact potentiellement majeur sur les espèces à la base de la chaîne alimentaire océanique (et sur les hommes qui pour beaucoup vivent de la pêche).

Enfin, de tout cela, on attend des déplacements importants de populations des zones qui deviendront moins habitables (notamment tropiques) vers les zones qui le seront plus (notamment zones tempérées actuelles). Cela risque de poser un problème majeur quand on voit les difficultés que pause actuellement la gestion humaine de flux migratoires plus de 10 fois inférieurs à ce qui devrait arriver à l’avenir.

Que faire ?

Essentiellement réduire nos émissions de gaz à effet de serre, tant au niveau des états que des entreprises et des individus (rappelons que les émissions des états et des entreprises servent aux consommations et bien être des individus).

Pour cela, on retombe sur les mêmes pistes que la problématique énergétique.

Au niveau national, tout comme au niveau individuel, travailler sur, par ordre de priorité :

– les changements de comportements afin d’éviter de consommer de l’énergie,

– l’efficacité énergétique,

– les énergies renouvelables et/ou sans carbone.

Dans quels domaines ?

Les 4 grands domaines émetteurs :

logement : isolation, pull, chauffage non fossile ;

transport : habiter près du travail et des amis, faire du vélo, covoiturer ;

alimentation : manger local et plus de légumes ;

consommation de bien et de services : acheter de meilleure qualité pour garder plus longtemps les choses, retrouver les goût des loisir sans carbone (musiques, peinture, danse, lecture, etc.)

 

L’énergie

Les énergies fossiles, et en particulier le pétrole, sont la source la plus intéressante d’énergie que l’humanité connaisse à ce jour.

– Une canette de pétrole (0,30 €) contient plus d’énergie que le travail d’une personne pendant une journée (100 €).

– Le pétrole est liquide, donc facilement transportable et stockable (notamment dans les réservoir de voitures). C’est la seule énergie que l’on trouve dans la nature sous cette forme liquide.

– Le pétrole est plus concentré (il prend moins de place à énergie égale) que toutes les autres énergies excepté l’uranium.

– Le pétrole moins délicat à manipuler que le nucléaire.

– Les émissions de polluants du pétrole sont d’un niveau et d’une nature qui permettrait son utilisation dans de nombreux domaines tout en restant dans des seuils de pollution parfaitement recyclable par l’environnement et sans impact sur la santé humaine.

Il n’est donc pas étonnant que l’humanité ait eu recours de plus en plus massivement au pétrole (et avec lui les énergies fossiles) depuis un siècle et demie : 80 % de l’énergie utilisée dans le monde vient des des énergies fossiles : un quart de pétrole, un cinquième de charbon et un sixième de gaz. Pour le reste : le bois pour 10 %, l’hydraulique et le nucléaire pour 5 % chacun, les autres énergies étant marginales.

 

Ces énergies ont permis la multiplication par 3 de la consommation d’énergie par personne dans le monde (bien plus dans les pays “développés”). C’est principalement cela qui a rendu possible la plus grande partie du confort moderne : production massive d’objets manufacturés, déplacements faciles et possibilité de voyages lointain, construction et chauffage de maisons individuelles, alimentation diversifiée quelle que soit la saison avec forte proportion en viande, etc.

Or, il semble que cette utilisation massive d’énergie fossile ne puisse durer plus longtemps :

– En 50 ans, nous avons consommé quasiment la moitié du pétrole que l’on peut extraire du sol,

– Nous avons également consommé le pétrole le plus simple à produire, et donc le moins coûteux.

– Les capacités globale de production semblent plafonner.

Il y a donc un certain nombre d’indices qui indiquent que l’extraction (et donc la consommation) mondiale est sur le point d’atteindre son maximum et de commencer à diminuer.

En parallèle, l’Europe n’a que très peu de ressources dans ces énergies et la consommation des pays “émergents” augmente : l’Europe a donc d’encore plus grande chance de voir sa “part de gâteau” diminuer rapidement (c’est même déjà le cas).

La situation semble similaire pour le gaz et le charbon avec quelques années de décalage.

Or :

– Avec l’organisation actuelle de notre économie, l’utilisation des énergies fossiles, et du pétrole notamment, est indispensable pour son bon fonctionnement (croissance, emploi).

– Il ne semble pas y avoir à ce jour de solutions de remplacement (énergies renouvelables ou nucléaire, selon qu’on l’envisage ou non) qui permettent de produire autant d’énergie que ce que nous consommons en fossiles, même à 50 ans. Ces autres énergies ne semble même pas en mesure de combler la diminution du pétrole disponible, à coût égal, à court terme.

Il faut donc rapidement se préoccuper de notre avenir énergétique pour prévoir de se passer d’énergie fossiles à termes. Ceci demande une refonte totale du fonctionnement de nos sociétés et économies au niveau national, de nos comportements, habitudes et consommations au niveau individuel. Ce sera le plein emploi assuré pour réaliser cette oeuvre du siècle.

Que faire ?

Au niveau national, tout comme au niveau individuel, travailler sur, par ordre de priorité :

– les changements de comportements afin d’éviter de consommer de l’énergie,

– l’efficacité énergétique,

– les énergies renouvelables et/ou sans carbone

Dans quels domaines ?

Les 4 grands domaines consommateurs d’énergie :

logement : isolation, pull, chauffage non fossile ;

transport : habiter près du travail et des amis, faire du vélo, covoiturer ;

alimentation : manger local et plus de légumes ;

consommation de bien et de services : acheter de meilleure qualité pour garder plus longtemps les choses, retrouver les goût des loisir sans carbone (musiques, peinture, danse, lecture, etc.)